Comment vieillir en Bélier?
Le Bélier est l’enfant du Zodiac. Comment, alors, vieillir en Bélier?
Les paroles de ma chanson Bélier sont composées d'extraits d’un texte en fragments publié dans le collectif Zodiaque aux éditions La Mèche. J’y explique, entre autres, à quel point découvrir mon signe astrologique a été important dans mon développement.
J’étais une enfant heureuse dans la solitude, un peu sauvage, brusque, avec une relation intime avec la colère. Je ne voulais pas être douce ou gentille et encore moins être patiente. De ce que j’avais compris, je ne correspondais pas aux attentes de la féminité. Plutôt que de travailler à m’y conformer, j’avais internalisé le fait que je ne mériterais pas d’être aimé. Lorsque j’ai été informé de la signification de mon signe astrologique, j’ai découvert que je n’étais pas une fille raté, mais une vraie Bélier. J’avais l’impatiente, l’impulsivité et l’égocentrisme, mais aussi l’initiative, la passion, l’attrait pour les défis et l’indépendance. Je ne serai peut-être jamais aimé, mais je comptais bien utiliser ces forces pour avancer dans la vie en restant pleinement moi-même.
Adulte, j’ai eu envie de mieux comprendre ce feu et comment en diriger l’énergie. Je reviens sur les paroles de Bélier :
Malgré mes “bonnes intentions / chaudes et réconfortantes”, je suis souvent dépassée par mon enthousiasme ou ma frustration. Dans ce cas, “Possible que ça brûle / que ça blesse / possible qu’un coup de vent m’emporte et m’empire”. Autant dire qu’il m’arrive d’entendre des affirmations qui me sortent de moi et je n’ai pas le temps de retenir mes émotions ou les mots qui viennent avec.
Oui, “savoir que je peux blesser, me rassure et m’effraie à la fois”. Parce que ce feu saura me protéger quand j’en aurai besoin, même si je risque de heurter des gens que j’aime. En vieillissant, j’ai appris à mieux diriger ce feu et “je blesse de moins en moins” souvent “et de plus en plus, par accident”. Je ne suis pas une personne violente. Je suis une personne qui a peur et qui se protège, parfois inutilement, parce que les gens m’effrayent. Surtout mes ami·es les plus précieux·ses.
On me dira qu’il vaudrait mieux que j’apprenne à contrôler mes émotions, “mais tous ces sentiments me débordent, et j’implose”. Celleux qui sont restés, qui n’ont pas eu peur ni de ma colère ni de mes larmes, ont vu que je sais aussi être “douce” comme la cendre. Leur amour m’a appris que, plutôt que d’éteindre le feu, j’ai avantage à me laisser bruler, et “la force du feu bat le feu”. Au meilleur de moi, de mon “brasier”, je peux ensuite devenir “phare”. Un phare qui dirige et inspire.
Aujourd’hui, j’ajouterais que les Béliers ont peut-être aussi l’avantage de rester facilement en contact avec leur enfant intérieur. On doit juste faire attention à ce que ce soit le côté de l’enfant qui s’émerveille, celui qui imagine et qui apprend… Plutôt que le « terrible two » qui fait une crise de bacon à l’épicerie.
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