Retour sur mai

En mai, j’étais particulièrement sensible et moins tolérante avec les gens. Être en contact avec d’autres personnes chaque jour m’épuise. Je remarque chaque petit son, chaque petite odeur, je voudrais me tenir loin des lumières, je refuse d’être touchée, surtout. Je me réveille et me couche fatiguée. Dans la gratitude, mais l’épuisement. J’annule le plus de rencontres possible, même avec les gens que j’aime follement. Ce ne sont pas les autres que je trouve insupportables, c’est moi en leur présence. C’est le poids de me rendre acceptable. Ça ne devient pas plus facile avec le temps, c’est l’inverse.

Je pense à une stratégie pour mieux m’outiller pour les aventures sociales, car bientôt, elles seront beaucoup plus nombreuses.

Et c’est dans cet état que je me suis ramassée dans une auberge à Sainte-Félicité avec une trentaine de personnes et leurs enfants de tout âge pour fêter les quarante ans d’une amie. Personne ne s’inquiétait de mes disparitions et j’ai passé un bon moment malgré tout. Au départ et au retour, j’ai passé quelques jours chez mes parents. Forêt, fleuve, vent, silence, j’ai fait le plein.

Quand même, pour m’en remettre, je vais devoir m’isoler quelques jours à la maison

Zéa Calla

Au début du mois, j’ai donné un coup pour la production de l’album. À ce stade, c’est du détail et j’ai du mal à voir le travail comme de la création. Je ne suis pas stimulée par le travail minutieux, la rigueur. Je me l’oblige. Il faut finir les pièces si je veux que ça sorte. Et ça va sortir en novembre (j’ai eu des nouvelles du contexte de lancement, c’est excitant!).

Il reste à terminer la dernière pièce, dont le nom de code est « AM ». Après une séance d’exploration en studio avec certaines machines qu’utilisait Portishead, la chanson trouve sa direction et devient ma préférée.

J’ai aussi la chance d’être invité pour faire de l’accompagnement musical pour les poètes du Noroît. Je prépare toujours pendant quelques jours ces performances et c’est payant. J’utilise ma basse (dans quelques pédales) et le Nord Drum 3. Je me sens prête et je peux me glisser entièrement dans l’écoute. Les poètes sont très content-es. Je reçois même le plus beau compliment : une poète qui avait demandé de lire sans musique, après m’avoir entendue, demande si c’est possible d’avoir de l’accompagnement. Certainement! Une légende de la poésie, qui était dans l’assistance, me dit : « Vous êtes une bonne nouvelle pour les poètes ».

Zéa Beaulieu-April

Dans le cadre du FPM, j’ai aussi été bouffon. La revue Estuaire a organisé un Banquet de poésie, et j’animais en compagnie de Baron Marc-André Lévesque. J’avais un texte et un costume à préparer et j’ai aussi aidé avec les décors. C’était un gros festin, littéralement. Après les lectures de poésie, nous avons bu, mangé et dansé.

Odile’s Snake

J’ai fait deux événements avec Lumos Oracle. L’un au Ernest, Cabinet de curiosité et l’autre au Cheval Blanc. C’était moins payant que les éditions de mars, mais j’y fais toujours des rencontres intéressantes.

Le 8 mai était une journée particulièrement « sorcière », parce qu’après avoir passé l’après-midi dans un parc avec faire un rituel de transition pour une cliente, je me retrouve ensuite à CISM pour parler de sorcellerie. La conversation avec Gabriel B Pelletier est vraiment agréable et me rappelle à quel point j’aime faire de la radio.

Autre activité notable, j’ai fait des tirages dans une soirée de fin de vie de jeune fille. J’ai dû me rendre au fin fond de la forêt de La Conception. Le groupe, complètement anglophone, venait des États-Unis. Elles m’ont tippé avec de l’argent américain et des desserts maison. Une très bonne soirée!

·      Si ce texte t’a donné envie de t’isoler pour finir un projet créatif, tu peux m’offrir un café par ici.

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